dimanche 12 octobre 2008

4 nouveaux Saints offerts à l'Eglise

Le 12 octobre 2008, à 10h00, Benoît XVI a célébré la Messe sur le parvis de la Basilique du Vatican à l'occasion de la Canonisation de quatre Bienheureux : Gaetano Errico, Maria Bernarda Bütler, Alfonsa de l’Immaculée Conception, Narcisa de Jesús Martillo Morán.


« La route et le confessionnal furent les lieux privilégiés de l'action pastorale du père Gaetano Errico» (1791-1860). C'est ce qu'a rappelé le pape Benoît XVI en indiquant la figure de ce prêtre napolitain à titre d'exemple pour les prêtres d'aujourd'hui.

« La route lui permettait de rencontrer des personnes, et dans le confessionnal, il leur a permis une rencontre avec la miséricorde du Père céleste. Combien de blessures de l'âme il a soignées ! Combien de personnes a-t-il amenées à se réconcilier avec Dieu à travers le Sacrement de réconciliation ». « Fondateur de la Congrégation des Missionnaires du Sacré Coeur de Jésus et de Marie, il s'inscrit parmi les figures extraordinaires de prêtres qui, infatigables, ont fait du confessionnal le lieu pour dispenser la miséricorde de Dieu, en aidant les hommes à se retrouver, à lutter contre le péché et à progresser dans le chemin de la vie spirituelle ». Père Errico était un expert de la « science » du pardon, et s'est préoccupé de l'enseigner à ses missionnaires en leur recommandant : Dieu, qui ne veut pas la mort du pécheur, est toujours plus miséricordieux que ses ministres.»

Pendant que le Saint-Père parlait, des centaines de drapeaux de l'Inde s'agitaient sur la place pour la canonisation d'Alfonsa de l'Immaculée Conception (Anna Muttathupadathu; 1910-1946), religieuse Indienne de la Congrégation des Clarisses du Tiers Ordre de Saint François, dont le pape a dit : « Elle a été une femme exceptionnelle, convaincue que la croix était l'authentique chemin pour rejoindre le banquet céleste préparé pour elle par le Père. Aujourd'hui elle est offerte au peuple de l'Inde comme la première Sainte canonisée de son histoire ».
(extraits de l'homélie de Benoît XVI)

Les deux autres nouveaux Saints sont Maria Bernarda Buetler (Verena) (1848-1924), religieuse suisse, fondatrice de la Congrégation des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie Auxiliatrice; et Narcisa de Jésus Martillo Moran (1832-1869), laïque équatorienne. Ces dernières sont unies, au-delà des époques différentes, par le même territoire qui fut le théâtre de leur Évangélisation, l'Équateur.

Pour la Sainte Indienne, étaient présents 700 prêtres, de nombreux Évêques, 2.000 religieuses et 4.000 fidèles; le ministre du Travail, accompagné de son épouse et du ministre des Travaux publics de Kerala, représentaient le Gouvernement indien. Pour Marie Bernarda, était présente Corina Casanova, chancelier fédéral de la Confédération Suisse, tandis que l'Équateur était représenté par le vice-président de la République, accompagné de son épouse et de leurs filles.

jeudi 9 octobre 2008

Benoît XVI souhaite la béatification de Pie XII


PIE XII (Eugenio Maria Giuseppe Giovanni PACELLI; Rome, 2 mars 1876–Castel Gandolfo, 9 octobre 1958) a été élu pape, après la mort de Pie XI, le 2 mars 1939 .
Le jeudi 9 octobre 2008, le Souverain Pontife a célébré une messe à l'occasion du cinquantenaire de sa mort; au cours de son homélie, Benoît XVI s'est prononcé fermement en faveur de la poursuite du procès de béatification de ce grand Pape. Il a réfuté les attaques perpétuelles de l'intelligentsia (!!) gauchiste, qui semble considérer que des mensonges réitérés deviennent à la longue vérité !

L'argumentation du Saint Père est construite sur une démonstration en deux points. D’abord, il justifie la prudence de Pie XII face à la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale. Il l’avait déjà fait en septembre, en recevant une association de Juifs qui souhaitent réhabiliter le pape de la guerre. Jeudi, il est encore allé plus loin. Ainsi, a-t-il déclaré, le fameux radio-message papal de Noël 1942 était « une claire référence à la déportation et à l’extermination perpétrée envers les juifs », point sur lequel certains historiens ne sont pas d’accord.

De même, estime le pape, Pie XII « a agi souvent sur un mode secret et silencieux justement parce que, à la lumière des situations concrètes de ce moment historique complexe, il avait l’intuition que c’est seulement de cette manière qu’il pouvait éviter le pire, et sauver le plus grand nombre possible de juifs ».

Second temps : Benoît XVI rappelle que la polémique sur l’attitude du pape durant la Seconde Guerre a malheureusement occulté l’ensemble de son action comme pontife, avec d’importantes encycliques, comme Mystici Corporis sur l’Eucharistie.

Conclusion logique : « Nous prions pour que la cause de béatification du serviteur de Dieu Pie XII puisse se poursuivre. »


Que va-t-il se passer maintenant ?

Comme l’a précisé le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, « le pape a eu l’intention de manifester explicitement son union spirituelle » avec ceux qui souhaitent la béatification. Mais « il ne s’est pas exprimé sur les étapes successives » du processus. Le décret de reconnaissance de l’héroïcité des vertus de Pie XII, qui permet de passer à l’examen du miracle (pour lequel le dossier n’est, par ailleurs, pas encore constitué), indispensable pour une éventuelle béatification, attend la signature de Benoît XVI depuis que, le 8 mai 2007, à l’unanimité, la Congrégation des causes des saints a donné son feu vert. « Le pape ne l’a pas encore signé, jugeant opportun un temps de réflexion », a indiqué le P. Lombardi. Cependant, à la lumière de cette homélie, il ne fait guère de doute que Benoît XVI devrait la signer dans les semaines qui viennent. Il a sans doute simplement voulu montrer qu’il n’était soumis à aucune pression extérieure, et que ce choix serait le fruit de sa propre réflexion.

(d'après un article du quotidien La Croix)


On pourra consulter l'article Pie XII et les Juifs figurant sur le site de Juventas Christi (rubrique DOSSIERS / Histoire / Pie XII ).

Nouvelles du Signe de Piste...

L'éditeur qui a repris la mythique collection Signe de Piste, Delahaye, vient de remanier son site internet. On trouve désormais toute l'info sur les titres disponibles à partir du lien suivant: romans Signe de Piste. Cela concerne la nouvelle collection SDP-Delahaye, la collection Défi chez Téqui, les titres publiés antérieurement chez Fleurus, les romans Coureurs d'Aventures, les ouvrages originaux encore disponibles au Nouveau Signe de Piste des éd. SdP-Alsatia, ainsi que diverses autres collections thématiques, comme celle de l'inoubliable Prince Eric, les Enquêtes du Chat-Tigre,
ou les Chroniques du Pays Perdu de Jean-Louis Foncine.

Rappelons que d'autres collections sont disponibles, chez d'autres éditeurs:


les éd. du Triomphe (coll. TOTEM);


la collection Jeux de l'Aventure chez ELOR.

Bonne lecture...

jeudi 11 septembre 2008

Visite du Saint-Père en France (12-15 septembre 2008)

Benoît XVI effectue sa première visite officielle en France pour commémorer, à l'occasion de leurs 150 ans, les apparitions à Lourdes de la Très Sainte Vierge Marie à Ste Bernadette. Avant de partir pour Lourdes, le Saint Père passe une journée à Paris, dont voici le programme:


Vendredi 12 septembre:

  • 11h15 : Arrivée du Saint Père à l'aéroport de Paris-Orly, où il est accueilli officiellement par le Président de la République Nicolas Sarkozy et son épouse au pavillon d'honneur de l'aéroport.
  • 12h25 : Cérémonie de bienvenue à l'Élysée. Le Saint Père est accueilli par le Président Sarkozy dans la cour du palais présidentiel, où les honneurs lui ont été rendus par un détachement de la Garde républicaine.
    Le Saint Père et le Président ont ensuite eu un entretien privé.
  • 13h00 : Le Saint Père et le Président se rendent dans la salle de presse de l'Elysée, où les attendaient le gouvernement et les corps constitués, devant lesquels le Président Sarkozy et le Pape échangent un discours officiel.
  • 17h00 : Brève rencontre avec les représentants de la Communauté juive à la Nonciature apostolique.
  • 17h30 : Rencontre avec le monde de la culture au collège des Bernardins (Vème) et discours du pape aux 700 invités.


Le pape rejoint la Cathédrale Notre-Dame de Paris en papamobile, en empruntant les quais Rive Gauche.

  • 19h15 : Célébration des Vêpres avec les prêtres, les religieux, les religieuses, les séminaristes et les diacres. Le pape y prononce un discours. Tous les fidèles sont invités à participer à cette prière. Les vêpres sont retransmises en direct sur grand écran à l'extérieur de la cathédrale.


  • 20h15 : Salut aux jeunes sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. L'allocution de Benoît XVI devant les jeunes est retransmis en direct sur grand écran à l'extérieur de la cathédrale et le long du parcours emprunté par la papamobile. À 20h30, pique-nique, animations musicales sur le parvis de Notre-Dame.
  • 21h30 : Veillée de prière pour les jeunes sur le parvis de Notre-Dame et dans plusieurs églises parisiennes, à partir du thème des J.M.J. à Sydney en juillet 2008: « Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Tous les jeunes sont invités à participer.
  • Minuit : Une procession aux flambeaux (Chemin de Lumière) part du parvis de la cathédrale pour rejoindre l'Esplanade des Invalides en marchant et en chantant. Des cierges sont distribués au départ sur le parvis de Notre-Dame et dans les églises ouvertes pour des veillées de prière le long du Chemin de Lumière.

Samedi 13 septembre:

  • 8h : Prière du matin animée par des communautés religieuses sur l'esplanade des Invalides (VIIème).
  • 9 h 10 : Brève visite du pape à l'Institut de France.
  • 9h30 : Benoît XVI arrive en papamobile sur l'esplanade des Invalides
  • 10h00 : Messe sur l'esplanade des Invalides et homélie du pape.

Le Pape quitte Paris pour Lourdes samedi 13 dans l'après-midi.


Benoît XVI à Lourdes

Samedi 13 septembre :

  • 18h30 : Chemin du jubilé : visite à l'église du Sacré-coeur et visite au Cachot.
  • 19h15 : Chemin du jubilé : visite à la Grotte des Apparitions.


  • 21h30 : Conclusion de la procession mariale aux flambeaux sur l'esplanade du Rosaire.


Dimanche 14 septembre:

Cette journée est placée sous le signe de la jeunesse

  • 10h00 : Messe pour le 150ème anniversaire des Apparitions sur la Prairie, spécialement à l'intention des jeunes. Homélie du Saint-Père. Récitation de l'Angélus sur la Prairie.
  • 17h15 : Rencontre avec les évêques français à l'hémicycle Sainte-Bernadette. Discours du pape
  • 18h30 : Conclusion de la procession eucharistique sur la Prairie du sanctuaire. Discours du pape.


Lundi 15 septembre :

  • 08h45 : Chemin du jubilé : Visite à l'Oratoire de l'hôpital de Lourdes
  • 09h30 : Messe avec les malades au cours de laquelle Benoît XVI donne l'onction des malades, sur le parvis de la basilique Notre-Dame du Rosaire. Homélie du pape.
  • 12h30 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tarbes-Lourdes Pyrénées. Discours du pape.

Message du Pape à la France

Logo Vatican

mardi 9 septembre 2008

Dans le sein de la Mère

Deux jumeaux discutent dans le sein maternel :
- Oh... comme c'est étroit ici ! Je n'arrive plus à bouger... Tu es devenu trop grand
- Mais non, c'est toi qui as trop grandi ! Moi je suis plutôt mince !
- Arrête de te moquer de moi ! Cela ne mène à rien ! Tout de même, tu as bien une idée de ce à quoi ça va aboutir ?
- Je n'en sais rien moi !
- Tu ne crois donc pas qu'il y a une vie après la naissance ?
- Une vie après la naissance ? Tu y crois, toi ?
- Mais bien sûr que oui ! C'est bien le but de notre vie ici. Il faut grandir et se préparer pour qu'on devienne assez fort pour la vie après la naissance.
- Tu es fou ? C'est complètement absurde ça, une vie après la naissance. Et ça se passerait comment là-bas ?
- Je ne sais pas trop moi. Mais de toute façon plus lumineux qu'ici. Et peut-être que nous allons être capable de marcher et de manger par la bouche, et tout le reste.
- Ouah... quelle bêtise ! Marcher, ça ne marche pas du tout ! Et manger avec la bouche, bizarre, comme idée ! Nous avons le cordon ombilical qui nous nourrit. Déjà ce cordon est trop court pour se promener avec !
- Mais si ! Bien sûr que si c'est possible ! Évidemment il y a aura des différences.
- Mais personne n'est revenu de là-bas ! Personne ! Tu as bien compris ça ? Donc avec la naissance la vie se termine. D'ailleurs je trouve cette vie assez douloureuse et assez sombre.
- Même si je ne sais pas trop comment cela se passera après la naissance, de toute manière on va finalement voir notre mère !
- Notre mère ? Tu y crois toi ? Elle est où notre mère ?
- Ben, ici, partout autour de nous ! Sans elle on ne pourrait même pas vivre !
- Bah ! Je n'ai jamais rien remarqué d'une mère, donc elle n'existe pas non plus !
- Mais si. De temps en temps quand nous sommes bien tranquilles j’entendais comme une voix qui était inaccessible, mais en même temps très proche de nous. Je pense qu’on la verra un jour. Comme il me tarde de la voir et de la connaître !

jeudi 3 juillet 2008

Bonnes Vacances !!

Ça y est... le ouaibemestre est en vacances...
Donc au Camp, pour les ceusses qui auront la CHANCE d'y venir...
Et pour tous, rendez-vous à la rentrée sur ce Blogue...

mardi 1 juillet 2008

Pages d'Amitié (livre pour les vacances)


Le plus souvent, l'Amitié naît entre deux garçons, ou deux filles; mais il en existe aussi d'authentiques, entre un garçon et une fille, d'autant plus belles qu'elles sont rares. C'est en grande partie sur ce thème que repose le très beau roman Le Piège des Cinquantièmes hurlants, d'A. Vachon (coll. Défi n° 20, éd. Téqui, 2003).

[Maïko est un jeune Sud-Africain (blanc...), orphelin, et (très bien) élevé par sa tante. Il est aussi scout, C.P. de la Patrouille libre des Impalas. Ces jours-ci, ils accueillent justement un nouveau, Marc, un Français de 16 ans, que le C.P., garçon plutôt farouche par ailleurs, surnomme aussitôt Frenchy, ce qui dans sa bouche est tout sauf un compliment...]

D'un geste brusque, Maïko ouvre la porte de sa chambre et va s'asseoir dans son fauteuil favori.
- Je suis sûr qu'il [Marc] va me porter la poisse !
Songeur, il contemple le poème agrafé au mur de sa chambre.
- Ce qui vient de France ne m'a jamais réussi !
Il l'a écrit autrefois quand son amie Sylvie, une Française, était repartie dans son pays. Avec elle, se sont envolés ses plus beaux souvenirs et ses dernières illusions sur le monde avec lequel il lutte seul depuis la mort de ses parents. Bien sûr, sa bonne tante a toujours veillé sur lui. Mais comment aurait-elle pu compenser une telle amitié, une telle complicité ?
- Voilà ce que c'est que de s'attacher ! Cela fait trop mal de perdre ceux à qui l'on tient.
Il se lève et, les larmes aux yeux, va relire les quelques lignes mille fois parcourues.
Elles expriment si bien la tristesse infinie qui l'avait envahi lors du départ de sa meilleure amie. Il y a de cela deux ans, mais la douleur semble du matin même.
Il lit à haute voix :
- Au milieu de cette foule, je me sens parfois plus seul qu'un arbre dans la lande. Mes larmes ne peuvent retenir ton image qui peu à peu me quitte. Au fond de moi, je pense encore à nous, et ma mémoire forme et déforme ce qui me reste de toi. Plus seul qu'au premier jour, je suis ce fou à qui l'amitié allait si bien.
Il sourit :
- Qu'importe mon style naïf ! Ce sont les mots les plus justes !
[...]
- Ce Marc a l'air sympa. Peut-être en ferai-je un ami ?... et puis non, l'amitié fait trop mal.

[Les Impalas vont partir en Australie pour un Camp d'été, aidés par les pouvoirs publics en récompense de leur action sociale. Maïko leur a annoncé la nouvelle. Lors d'une réunion avant le départ, Marc et lui viennent à parler de la France...]
Sans que rien le laisse prévoir, Maiko bondit par la fenêtre ouverte en s'écriant :
- Je pense que l'Afrique du Sud est le plus beau pays du monde et que ses habitants sont fidèles, eux !
Le C.P. s'éloigne. Sur ses joues coulent quelques larmes que personne ne peut voir.
[Face à l'étonnement de Marc :] - Maiko n'est plus le même depuis deux ans. Un beau jour, après une longue absence, nous l'avons retrouvé tout triste et depuis plus rien n'a été pareil.

[L'avion de ligne qui les emportait doit amerrir, victime d'une avarie. Tout le monde peut se sauver sur des dinghys. Celui des scouts, qui a été séparé accidentellement du convoi, porte aussi quelques Guides qui voyageaient avec eux (cf. illustration de couverture). Une nouvelle dispute éclate entre Marc et Maïko. Paul, l'ami de Maïko, intervient : ]
- J'ai une amie en France, qui s'appelle Sylvie. Mais elle, quand on évoque l'Afrique du Sud, elle en parle toujours avec éloge.
- Tu es donc allé là-bas ?
- Non ! reprend Maïko. C'est elle qui est venue.
- Tu la connais toi aussi ?
-N...on, mais Paul m'en a souvent parlé.
Voyant son trouble, les autres n'insistent pas.

Maïko pense à Sylvie. Elle lui montre la voie à suivre par l'intermédiaire de Paul. Comme ce jour où ils avaient fui ensemble à travers les hautes herbes du veld. Ne pas être séparés, c'est tout ce qui importait. Courir, courir encore, toujours plus loin mais ensemble. Les tiges jaunes de la prairie fouettaient leurs jambes. Mais ils n'en n'avaient cure, seule comptait la chaleur de cette simple amitié qu'il aurait tant aimé pouvoir retenir toutes ces dernières années. Et dans ce veld qu'il aimait tant depuis, combien de fois n'avait-il pas cherché des yeux la silhouette de son amie.

[Ils débarquent sur les côtes désertes de Kerguelen. Paul a un accident assez sérieux, et doit être transporté sur un brancard de fortune.]
Maïko prie.
"Seigneur, sors Paul de là. Pour lui, je renonce à en vouloir à ceux qui m'ont arraché Sylvie."
Il se sent prêt à dire qu'il renonce aussi à la revoir un jour. Mais les pensées se heurtent dans sa tête. Il ne peut pas.
"Non, il ne faudrait pas qu'Il me prenne au mot, s'inquiète-t-il. Ce serait terrible."
[Au matin, Paul va un peu mieux.]
Maïko sourit. Son regard s'est transformé. Plus de rancœur contre tout ce qui touche la France ou Sylvie. Paul semble aller mieux. Ils s'en sortiront, il le sait.
"Si Sylvie était là, pense-t-il. Quel bonheur ce serait !"
Il ne parvient pas à oublier cette fille blonde qui parlait avec un léger accent. Etait-elle vraiment partie ? Ne l'accompagnait-elle pas toujours dans ses pensées ?
Il était effrayé à l'idée de ne pas la reconnaître après tant d'années. Ses traits devaient bien avoir changé, mais Maïko savait qu'il la reconnaîtrait au premier coup d'œil si soudain elle apparaissait au milieu d'une foule. Que lui importait sa nouvelle image ? Seule sa présence comptait. Son rire clair résonnait encore à ses oreilles.


Chapitre VIII : LE SECRET

PAUL, aux autres (Maïko et Marc sont partis en reconnaissance). - Maïko et moi étions amis depuis longtemps, quand nous avons vu arriver en classe une petite française aux longs cheveux blonds. J'ai poussé Maïko du coude, mais il l'avait déjà aperçue, et son regard ne pouvait plus s'en détacher. À la fin de la journée, nous étions les trois meilleurs amis du monde. [...]
- Cinq années merveilleuses se sont écoulées, et notre amitié se renforçait de jour en jour. Pour Maïko, nous étions sa famille. Il nous semblait que cela durerait toujours... Hélas ! Les parents de Sylvie durent rentrer en France...
Vous connaissez Maïko. L'amitié pour lui, cela n'a jamais été n'importe quoi. C'était sacré. Il ne fallait pas y toucher. Comme chez beaucoup d'orphelins, inconsciemment, il s'est senti abandonné. Je crois qu'il rejetait le monde des adultes parce qu'il les estimait incapables de fidélité.
Une nuit il est parti voir Sylvie en cachette. Ho ! n'allez rien imaginer, Maïko est droit comme un I. Il n'a jamais été question que d'amitié entre eux ! Il l'a décidée à une fugue pour qu'on ne les sépare pas...
[Maiko et Marc.]
MAÏKO. - Tu sais, je t'ai toujours trouvé sympathique. Depuis le début, quand tu as dit que tu aimais mon prénom. Sylvie aussi l'aimait bien. C'est un peu à cause d'elle que je t'en voulais : comme je suis incapable de penser du mal d'elle, c'est sur toi que je reportais tout. Tu comprends ?
[et Maïko raconte à Marc ce que nous savons par Paul. Maïko poursuit :]
- J'ai décidé Sylvie à s'enfuir. Nous ne voulions qu'une chose : rester ensemble. Nous étions partis au hasard dans le veld... Nous nous sommes réfugiés dans des grottes. Nous nous étions organisé une vie à nous, rude peut-être, mais nous étions l'un avec l'autre. J'avais trouvé un boulot d'apprenti. Cela a duré un mois.
Sylvie la première a réalisé que c'était une folie. Moi j'étais fou à l'idée de la perdre pour toujours. [...] Elle m'a promis qu'elle reviendrait un jour.
[Sylvie a appelé ses parents, et Maïko, Paul. Fureur du père contre Maïko; Sylvie est embarquée de force.]
- Tu comprends, Sylvie, c'était mon amie, rien d'autre. Tout s'écroulait autour de moi. Plus rien n'avait d'importance, j'aurais voulu mourir. Sylvie hurlait derrière la vitre de la voiture. Paul m'a défendu [contre le père]. C'est mon seul ami, tu sais !
[Résultat : suite à la plainte du père, Maïko est placé un an en maison de correction.]
- Paul m'a aidé à supporter l'absence de Sylvie. Ma pauvre tante comprenait bien mon chagrin. Je ne pouvais plus voir un objet venant de France, sans entrer en rage. Je n'ai pas eu la moindre lettre d'elle depuis. Paul pense que ses parents l'en ont empêchée, ou qu'elle leur a promis de ne pas le faire.
- Tu penses qu'elle t'a trahi, n'est-ce pas ?



[Le petit groupe sera enfin sauvé, et rapatrié sur le Marion Dufresne directement à Port-Elisabeth, en Afrique du Sud. Retrouvailles sur le quai...]

Deux mains douces s'appliquent sur les yeux de Maïko... une voix lui murmure à l'oreille :
- Moi aussi tu sais... j'en ai assez des voyages. Bonjour mon Maïko !

Cette voix...

Il la reconnaîtrait entre mille. Il fait volte-face d'un coup. Une grande jeune fille mince aux longs cheveux blonds et au regard de jais se tient devant lui.
Elle n'a pas changé, pas vraiment. Bien sûr, ce n'est plus la fillette d'autrefois, mais l'allure générale est la même.
Il lui semble suffoquer.
- Sylvie ! Tu es revenue !
-Evidemment, répond-elle en souriant.
D'un mouvement brusque, il s'écarte et la regarde droit dans les yeux.
- Et pour combien de temps, cette fois-ci ?
Le timbre clair du rire de son amie résonne dans l'air.
- Mais pour toujours, mon Maïko. Tu n'as pas changé, éternellement fougueux et emporté. Ma famille s'installe ici.
- Fantastique ! crie Maïko, si fort que chacun les observe avec curiosité. Peu lui importe. Sylvie est de retour, il veut que cela se sache.
- Marc, il faut que je te présente Sylvie.
- Sans blague ! je n'avais pas deviné ! plaisante celui-ci.
- Sylvie, je te présente Marc, mon meilleur ami ! J'ai plein de meilleurs amis ! Je n'ai même que cela, proclame-t-il enthousiaste.

Epilogue

[Quelques années ont passé. Marc a épousé Agnès, l'une des Guides naufragées.]

- Marc ! une lettre de Maïko !... Il nous annonce les fiançailles de Sylvie avec un garçon génial nommé Dieter. Ils vont faire connaissance pendant quelques mois, et si tout va bien, ils se marieront. Sylvie a promis à Maïko qu'il serait son témoin. [...]

[quelques lignes encore, puis FIN.]