jeudi 3 juillet 2008

Bonnes Vacances !!

Ça y est... le ouaibemestre est en vacances...
Donc au Camp, pour les ceusses qui auront la CHANCE d'y venir...
Et pour tous, rendez-vous à la rentrée sur ce Blogue...

mardi 1 juillet 2008

Pages d'Amitié (livre pour les vacances)


Le plus souvent, l'Amitié naît entre deux garçons, ou deux filles; mais il en existe aussi d'authentiques, entre un garçon et une fille, d'autant plus belles qu'elles sont rares. C'est en grande partie sur ce thème que repose le très beau roman Le Piège des Cinquantièmes hurlants, d'A. Vachon (coll. Défi n° 20, éd. Téqui, 2003).

[Maïko est un jeune Sud-Africain (blanc...), orphelin, et (très bien) élevé par sa tante. Il est aussi scout, C.P. de la Patrouille libre des Impalas. Ces jours-ci, ils accueillent justement un nouveau, Marc, un Français de 16 ans, que le C.P., garçon plutôt farouche par ailleurs, surnomme aussitôt Frenchy, ce qui dans sa bouche est tout sauf un compliment...]

D'un geste brusque, Maïko ouvre la porte de sa chambre et va s'asseoir dans son fauteuil favori.
- Je suis sûr qu'il [Marc] va me porter la poisse !
Songeur, il contemple le poème agrafé au mur de sa chambre.
- Ce qui vient de France ne m'a jamais réussi !
Il l'a écrit autrefois quand son amie Sylvie, une Française, était repartie dans son pays. Avec elle, se sont envolés ses plus beaux souvenirs et ses dernières illusions sur le monde avec lequel il lutte seul depuis la mort de ses parents. Bien sûr, sa bonne tante a toujours veillé sur lui. Mais comment aurait-elle pu compenser une telle amitié, une telle complicité ?
- Voilà ce que c'est que de s'attacher ! Cela fait trop mal de perdre ceux à qui l'on tient.
Il se lève et, les larmes aux yeux, va relire les quelques lignes mille fois parcourues.
Elles expriment si bien la tristesse infinie qui l'avait envahi lors du départ de sa meilleure amie. Il y a de cela deux ans, mais la douleur semble du matin même.
Il lit à haute voix :
- Au milieu de cette foule, je me sens parfois plus seul qu'un arbre dans la lande. Mes larmes ne peuvent retenir ton image qui peu à peu me quitte. Au fond de moi, je pense encore à nous, et ma mémoire forme et déforme ce qui me reste de toi. Plus seul qu'au premier jour, je suis ce fou à qui l'amitié allait si bien.
Il sourit :
- Qu'importe mon style naïf ! Ce sont les mots les plus justes !
[...]
- Ce Marc a l'air sympa. Peut-être en ferai-je un ami ?... et puis non, l'amitié fait trop mal.

[Les Impalas vont partir en Australie pour un Camp d'été, aidés par les pouvoirs publics en récompense de leur action sociale. Maïko leur a annoncé la nouvelle. Lors d'une réunion avant le départ, Marc et lui viennent à parler de la France...]
Sans que rien le laisse prévoir, Maiko bondit par la fenêtre ouverte en s'écriant :
- Je pense que l'Afrique du Sud est le plus beau pays du monde et que ses habitants sont fidèles, eux !
Le C.P. s'éloigne. Sur ses joues coulent quelques larmes que personne ne peut voir.
[Face à l'étonnement de Marc :] - Maiko n'est plus le même depuis deux ans. Un beau jour, après une longue absence, nous l'avons retrouvé tout triste et depuis plus rien n'a été pareil.

[L'avion de ligne qui les emportait doit amerrir, victime d'une avarie. Tout le monde peut se sauver sur des dinghys. Celui des scouts, qui a été séparé accidentellement du convoi, porte aussi quelques Guides qui voyageaient avec eux (cf. illustration de couverture). Une nouvelle dispute éclate entre Marc et Maïko. Paul, l'ami de Maïko, intervient : ]
- J'ai une amie en France, qui s'appelle Sylvie. Mais elle, quand on évoque l'Afrique du Sud, elle en parle toujours avec éloge.
- Tu es donc allé là-bas ?
- Non ! reprend Maïko. C'est elle qui est venue.
- Tu la connais toi aussi ?
-N...on, mais Paul m'en a souvent parlé.
Voyant son trouble, les autres n'insistent pas.

Maïko pense à Sylvie. Elle lui montre la voie à suivre par l'intermédiaire de Paul. Comme ce jour où ils avaient fui ensemble à travers les hautes herbes du veld. Ne pas être séparés, c'est tout ce qui importait. Courir, courir encore, toujours plus loin mais ensemble. Les tiges jaunes de la prairie fouettaient leurs jambes. Mais ils n'en n'avaient cure, seule comptait la chaleur de cette simple amitié qu'il aurait tant aimé pouvoir retenir toutes ces dernières années. Et dans ce veld qu'il aimait tant depuis, combien de fois n'avait-il pas cherché des yeux la silhouette de son amie.

[Ils débarquent sur les côtes désertes de Kerguelen. Paul a un accident assez sérieux, et doit être transporté sur un brancard de fortune.]
Maïko prie.
"Seigneur, sors Paul de là. Pour lui, je renonce à en vouloir à ceux qui m'ont arraché Sylvie."
Il se sent prêt à dire qu'il renonce aussi à la revoir un jour. Mais les pensées se heurtent dans sa tête. Il ne peut pas.
"Non, il ne faudrait pas qu'Il me prenne au mot, s'inquiète-t-il. Ce serait terrible."
[Au matin, Paul va un peu mieux.]
Maïko sourit. Son regard s'est transformé. Plus de rancœur contre tout ce qui touche la France ou Sylvie. Paul semble aller mieux. Ils s'en sortiront, il le sait.
"Si Sylvie était là, pense-t-il. Quel bonheur ce serait !"
Il ne parvient pas à oublier cette fille blonde qui parlait avec un léger accent. Etait-elle vraiment partie ? Ne l'accompagnait-elle pas toujours dans ses pensées ?
Il était effrayé à l'idée de ne pas la reconnaître après tant d'années. Ses traits devaient bien avoir changé, mais Maïko savait qu'il la reconnaîtrait au premier coup d'œil si soudain elle apparaissait au milieu d'une foule. Que lui importait sa nouvelle image ? Seule sa présence comptait. Son rire clair résonnait encore à ses oreilles.


Chapitre VIII : LE SECRET

PAUL, aux autres (Maïko et Marc sont partis en reconnaissance). - Maïko et moi étions amis depuis longtemps, quand nous avons vu arriver en classe une petite française aux longs cheveux blonds. J'ai poussé Maïko du coude, mais il l'avait déjà aperçue, et son regard ne pouvait plus s'en détacher. À la fin de la journée, nous étions les trois meilleurs amis du monde. [...]
- Cinq années merveilleuses se sont écoulées, et notre amitié se renforçait de jour en jour. Pour Maïko, nous étions sa famille. Il nous semblait que cela durerait toujours... Hélas ! Les parents de Sylvie durent rentrer en France...
Vous connaissez Maïko. L'amitié pour lui, cela n'a jamais été n'importe quoi. C'était sacré. Il ne fallait pas y toucher. Comme chez beaucoup d'orphelins, inconsciemment, il s'est senti abandonné. Je crois qu'il rejetait le monde des adultes parce qu'il les estimait incapables de fidélité.
Une nuit il est parti voir Sylvie en cachette. Ho ! n'allez rien imaginer, Maïko est droit comme un I. Il n'a jamais été question que d'amitié entre eux ! Il l'a décidée à une fugue pour qu'on ne les sépare pas...
[Maiko et Marc.]
MAÏKO. - Tu sais, je t'ai toujours trouvé sympathique. Depuis le début, quand tu as dit que tu aimais mon prénom. Sylvie aussi l'aimait bien. C'est un peu à cause d'elle que je t'en voulais : comme je suis incapable de penser du mal d'elle, c'est sur toi que je reportais tout. Tu comprends ?
[et Maïko raconte à Marc ce que nous savons par Paul. Maïko poursuit :]
- J'ai décidé Sylvie à s'enfuir. Nous ne voulions qu'une chose : rester ensemble. Nous étions partis au hasard dans le veld... Nous nous sommes réfugiés dans des grottes. Nous nous étions organisé une vie à nous, rude peut-être, mais nous étions l'un avec l'autre. J'avais trouvé un boulot d'apprenti. Cela a duré un mois.
Sylvie la première a réalisé que c'était une folie. Moi j'étais fou à l'idée de la perdre pour toujours. [...] Elle m'a promis qu'elle reviendrait un jour.
[Sylvie a appelé ses parents, et Maïko, Paul. Fureur du père contre Maïko; Sylvie est embarquée de force.]
- Tu comprends, Sylvie, c'était mon amie, rien d'autre. Tout s'écroulait autour de moi. Plus rien n'avait d'importance, j'aurais voulu mourir. Sylvie hurlait derrière la vitre de la voiture. Paul m'a défendu [contre le père]. C'est mon seul ami, tu sais !
[Résultat : suite à la plainte du père, Maïko est placé un an en maison de correction.]
- Paul m'a aidé à supporter l'absence de Sylvie. Ma pauvre tante comprenait bien mon chagrin. Je ne pouvais plus voir un objet venant de France, sans entrer en rage. Je n'ai pas eu la moindre lettre d'elle depuis. Paul pense que ses parents l'en ont empêchée, ou qu'elle leur a promis de ne pas le faire.
- Tu penses qu'elle t'a trahi, n'est-ce pas ?



[Le petit groupe sera enfin sauvé, et rapatrié sur le Marion Dufresne directement à Port-Elisabeth, en Afrique du Sud. Retrouvailles sur le quai...]

Deux mains douces s'appliquent sur les yeux de Maïko... une voix lui murmure à l'oreille :
- Moi aussi tu sais... j'en ai assez des voyages. Bonjour mon Maïko !

Cette voix...

Il la reconnaîtrait entre mille. Il fait volte-face d'un coup. Une grande jeune fille mince aux longs cheveux blonds et au regard de jais se tient devant lui.
Elle n'a pas changé, pas vraiment. Bien sûr, ce n'est plus la fillette d'autrefois, mais l'allure générale est la même.
Il lui semble suffoquer.
- Sylvie ! Tu es revenue !
-Evidemment, répond-elle en souriant.
D'un mouvement brusque, il s'écarte et la regarde droit dans les yeux.
- Et pour combien de temps, cette fois-ci ?
Le timbre clair du rire de son amie résonne dans l'air.
- Mais pour toujours, mon Maïko. Tu n'as pas changé, éternellement fougueux et emporté. Ma famille s'installe ici.
- Fantastique ! crie Maïko, si fort que chacun les observe avec curiosité. Peu lui importe. Sylvie est de retour, il veut que cela se sache.
- Marc, il faut que je te présente Sylvie.
- Sans blague ! je n'avais pas deviné ! plaisante celui-ci.
- Sylvie, je te présente Marc, mon meilleur ami ! J'ai plein de meilleurs amis ! Je n'ai même que cela, proclame-t-il enthousiaste.

Epilogue

[Quelques années ont passé. Marc a épousé Agnès, l'une des Guides naufragées.]

- Marc ! une lettre de Maïko !... Il nous annonce les fiançailles de Sylvie avec un garçon génial nommé Dieter. Ils vont faire connaissance pendant quelques mois, et si tout va bien, ils se marieront. Sylvie a promis à Maïko qu'il serait son témoin. [...]

[quelques lignes encore, puis FIN.]

mercredi 25 juin 2008

Sortie du Monde de Narnia II : Le Prince Caspian


Une année terrestre s'est écoulée depuis Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique... À Londres, pendant la Deuxième Guerre mondiale, les quatre frères et sœurs Pevensie : Peter, Susan, Edmund et Lucy, se rendent en métro à leurs écoles respectives pour une nouvelle année scolaire, lorsqu'ils sont happés dans l'espace-temps imaginaire où ils avaient déjà vécu leur première aventure. Ils débouchent sur un paysage magnifique de falaise et de mer : nous voici revenus au royaume de Narnia, mais 1.300 ans après, dans un temps de ruine et de captivité, où les habitants, réfugiés dans la forêt, sont asservis au peuple des Telmarins, gouverné par le brutal Miraz, qui a usurpé le trône du jeune prince Caspian. La magie a presque disparu, la plupart des animaux ne parlent plus. Mais quelques nains et quelques animaux parlants vivent cachés... Ce deuxième épisode des Chroniques de Narnia, d’après C.S. Lewis, est plus dramatique et plus belliqueux : c’est une épopée de la reconquête et de la délivrance, rythmée par les poursuites et les batailles.
Peter, Susan, Edmund et Lucy entreprennent d'aider le Prince à reconquérir le trône occupé par les Telmarins. Avec l'aide du gentil Nain rouge, d'une courageuse souris parlante nommée Ripitchip, d'un blaireau appelé Chasseur-de-Truffes et du Nain noir aigri et revêche Nikabrik, les Narniens, menés par les puissants rois Peter et Caspian, s'engagent dans une formidable quête à la recherche d'Aslan, le lion puissant et bon qui, on s'en souvient, est le véritable seigneur de Narnia, mais a disparu depuis mille ans. Batailles et combats singuliers se succèdent. Seule l'intervention d'Aslan, enfin retrouvé par Lucy, partie seule à sa recherche dans la forêt, rétablira la justice et rendra à Narnia sa gloire et sa magie.


Le réalisateur du premier épisode du Monde de Narnia, Andrew Adamson, reprend la caméra avec la maîtrise qu'on lui connaît dans les grandes mises en scène à effets spéciaux. Ceux du Prince Caspian sont très réussis : de superbes décors forment un cadre fabuleux, où une foule de créatures imaginaires étonnantes composent un monde hétéroclite très vivant, animé d'un souffle épique. Au prince Caspian est donnée la chance de contredire le règne de la force en devenant un libre chevalier qui délivre les captifs et protège les faibles. Quant à Lucy, le royaume d'Aslan lui appartient, parce qu'elle a la faiblesse et la confiance de l'enfance. Comme Dieu, le Lion est caché, mais fidèle, et proche des petits qui espèrent en lui... Ces thèmes aux résonances chrétiennes irriguent le film de manière parfois obscure, mais ils sont présents. Et même si on ne les perçoit que confusément, on reste subjugué par la puissance visuelle du Prince Caspian.

Film d'aventures d'Andrew Adamson. Avec Ben Barnes, Sergio Castellito, Georgie Henley. Durée : 2 h 23.

mardi 24 juin 2008

Bienvenue...

Salut, Frank, et bienvenue au Club...
Quel drôle de nom tu as choisi ?...
À bientôt, donc, sur ce blogue...

mercredi 18 juin 2008

Mort du réalisateur Jean Delannoy


Jean Delannoy est mort ce mercredi 18 juin, à l’âge de 100 ans. Il est considéré comme le dernier représentant d’une partie de l’histoire du cinéma français, et laisse derrière lui plus d’une cinquantaine de films d’une facture classique, le plus souvent inspirés de l’Histoire ou de la littérature. Ce cinéaste français, dont le nom fut synonyme de « qualité française », a couronné sa carrière en tournant trois films d'inspiration religieuse : Bernadette (1988), la Passion de Bernadette (1990) et Marie de Nazareth (1995).

mardi 17 juin 2008

Pages d'Amitié


L'Amitié est l'un des plus beaux sentiments humains qui existent. C'est (ou ça devrait être, nul n'est parfait...) l'un des points forts de notre Mouvement.
La vraie Amitié, c'est comme une petite étincelle de l'Amour du Bon Dieu pour nous, à la mesure de Ses créatures; un tel sentiment, si beau, si grand, si pur, fait honneur à celui qui l'offre comme à celui qui le reçoit.


"Les Amitiés sont spécialement le délice de la Jeunesse. Ce sont des affections librement choisies et offertes, fondées sur des affinités secrètes, qui à la fois nous révèlent à nous-même et nous ouvrent à la connaissance des autres. Les vrais amitiés ignorent les jalousies; elle sont à la fois un lien très léger et très fort, gagnant en profondeur et en délicatesse ce qu'elles perdent en expression passionnée. Les amitiés nouées dans la jeunesse sont souvent durables et font le charme de toute une vie...
La jeunesse est l'âge où l'on a le plus de temps et de liberté à consacrer à l'amitié, n'étant pas encore pris par les responsabilités et les soucis; c'est l'âge où l'on sent le prix du moindre témoignage de sympathie, où l'on est sensible au moindre souffle d'amitié, émerveillé d'être l'objet d'une préférence, prêt à tous les dévouements.
C'est une chose merveilleuse que de communier par la sympathie avec un autre être. La qualité de cette influence mutuelle fait la valeur d'une amitié. Un premier signe que votre amitié est bonne, c'est qu'elle vous élève et vous améliore, c'est que vous sortez d'une conversation avec votre ami réconforté, enrichi de quelque façon. Deux amis doivent mettre en commun ce qu'ils ont de meilleur.
L'amitié n'est pas seulement une douceur, elle est un facteur très important dans l'orientation d'une vie. Nos amis nous influencent peut-être plus que nos parents ou nos maîtres. Nous pouvons leur parler librement, nous n'avons pas envers eux cette défense instinctive que l'on a envers ceux qui représentent l'autorité.
Une bonne amitié ne sépare pas. Préférer un ami, ce n'est pas oublier tous les autres, s'isoler, devenir indifférent aux autres. Une amitié véritable nous libère et nous inspire des sentiments généreux; elle dilate le cœur. "

M. Daniélou
(extrait du Livre de Sagesse, éd. BLOUD)


Les romans scouts des collections Signe de Piste sont souvent illuminés d'amitiés merveilleuses: celle du Prince Eric et de Christian d'Ancourt en est l'emblème parmi tant d'autres... Aujourd'hui, parlons par exemple de Ni l'un ni l'autre, un roman de Claude Préryme (coll. Jamboree n° 34).

Dans un lycée parisien, depuis la rentrée, Jacques a remarqué l'animosité active manifestée par Claude contre Dominique, qui se défend à peine. Il cherche à comprendre, et se rapproche de la "victime" apparente, Dominique, puis de Claude. Un soir, Dominique a invité Jacques à dîner en tête-à-tête :

DOMINIQUE. - Mes parents s'étonnent toujours que je n'aie pas de camarade. Avant, Claude venait...
- Vous étiez très liés ?
- Oui, fit-il franchement.
[ Le même soir, Dominique repense à un passé récent, à Claude... ]
Comme Claude doit être malheureux. Rien n'a dû s'arranger chez lui, ce doit être pire, puisque lui Dominique n'est plus là...
A-t-il choisi la bonne solution ? Claude pouvait-il être plus seul qu'il ne l'était déjà ?...

[...] Le mystère Dominique - Claude est trop fort pour Jacques. Il eût fallu être aveugle pour ne pas voir le désarroi de Claude quand il lui a proposé de monter chez Dominique. Et Dominique l'autre jour : Il n'est pas très heureux chez lui...
Quelque grave qu'ait pu être leur différend, Jacques est maintenant certain qu'il suffirait de peu de chose pour tout remettre en ordre.
Mais quel drame a pu les séparer sans les jeter l'un contre l'autre ? Lequel fera le premier pas ? Claude, si fier qu'il cache sa détresse à tous ? Dominique ?...
- Pourtant, ça vaudrait le coup de recoller les morceaux...

[...] Une fois de plus, Dominique se demande si la solution qu'il a choisie était la bonne. Claude a perdu la seule amitié qu'il ait connue. Depuis, son attitude n'a fait que les séparer davantage.
Peut-être Claude cherche-t-il à retrouver cette amitié perdue au travers de Jacques ?
[La nuit. Dominique n'arrive pas à dormir. Il évoque le souvenir des dernières Grandes Vacances, avec Claude... ]
C'était vraiment miraculeux. Eux qui, à Paris, en dehors de leur famille, ne se quittaient pas, avaient conjugué leurs efforts pour que leurs parents décident de passer un mois dans le même village de Provence. Les villas étaient voisines, les jardins séparés seulement par une haie.
Ils avaient leur arbre, un vieux cèdre situé au fond du parc de Claude. C'est là qu'ils passaient les heures chaudes du jour, souvent silencieux, à lire, à dessiner, à rêvasser; mais lire, dessiner ou rêver l'un sans l'autre, cette idée ne les aurait même pas effleurés...
Et, tous les jours, ils éprouvaient le même plaisir à se retrouver.

Extraits du Journal
(de l'année précédente) de Claude , qu'il a prêté à Jacques :

[janvier-février] Je vais avoir seize ans et je n'ai jamais eu de copains. Peut-être est-ce ma faute ? Suis-je trop exigeant ? [...]
J'aimerais un ami comme Dominique D. C'est un type un peu plus jeune que moi, blond, "pas comme les autres". Un peu distant. Je crois que je l'intimide. C'est assez marrant...

[28 février] Tous les matins maintenant, Domino m'attend à l'arrêt du bus, le soir nous rentrons ensemble, je descends avec lui et nous discutons longuement.
Un gars comme Domi ferait un copain formidable...
En face de lui, j'oublie complètement mon ennui et ma solitude puisqu'avec lui, il ne peut y avoir ni ennui ni solitude.

[18 mars] Je quitte Domi. [...] Je crois que Domi est lui aussi heureux d'être copain avec moi, mais il ignore qu'il m'apporte bien plus qu'une simple camaraderie. Parfois je voudrais le lui dire, mais j'ai peur de passer pour un idiot...
Ce soir, je suis seul à la maison, Domi devait rentrer. Mais ce n'est plus de la solitude. J'ai maintenant un ami, je viens de le quitter et je suis sûr de le retrouver demain.

Jacques découvrait ainsi un Claude qu'il n'aurait jamais soupçonné, prêt à se livrer tout entier, heureux de cette amitié toute neuve. J'ai maintenant un ami...
Il porta à nouveau les yeux sur le cahier. En mai, ces quelques lignes :

Domi a sûrement deviné beaucoup de choses, mais n'en a rien dit. Je l'apprécie, car je crois que c'est cela l'amitié véritable.

[Chez Dominique, qui relève de maladie. ]
DOMINIQUE, à Jacques. - Est-ce que... Est-ce que Claude parle de moi de temps en temps ?
- Oui et non, fit Jacques évasif. Tu sais...
Jacques réfléchit un moment avant de continuer.
- Tu m'as dit l'autre jour qu'il demeurait quand même ton copain...
- Oui, interrompit l'autre.
- Je crois bien que... lui aussi.
- Il te l'a dit ?
- Non. Mais j'ai bien l'impression que vous êtes en train de couper les cheveux en quatre pour une chose bien simple. Vous êtes aussi butés l'un que l'autre. Ça peut durer longtemps cette histoire. Vous allez continuer à vous regarder en chiens de faïence, alors que... Je ne peux tour de même pas vous prendre par la main et dire : Allez, embrasse le monsieur... parce que c'est du niveau Jardin d'enfants votre truc, chacun reste drapé dans sa dignité froissée.
Il parcourait la pièce à longues enjambées. Dominique se leva et vint vers lui.
- Tu es chic, dit-il...

[ Jacques réussit enfin à tirer définitivement au clair le malentendu qui les a séparés, par suite d'une trahison du père de Claude envers Dominique. Grâce à Jacques, les liens se renouent. La réconciliation officielle a lieu chez Jacques...]

DOMINIQUE. - Tu as dû me détester... me prendre pour le dernier des salauds...
- Jamais, Domi... je n'aurais pas pu, ajoute-t-il tout bas.
Claude s'approche du garçon et l'attire un peu contre lui, le secoue.
- Et toi, tu ne m'en veux pas...
Dominique répond par un sourire tout pareil... - La vie est belle.
- Puisque c'est fini, dit-il.
Jacques les regarde et se sent bizarrement exclu... Les deux parlent, parlent et paraissent l'avoir complètement oublié. Pour un peu il se retirerait et les laisserait à la joie de leur intimité retrouvée.
Brusquement, Dominique semble se souvenir de la présence de leur ami.
- Sans cet entêté, dit-il...
[...]
La porte s'est refermée, et le garçon demeure seul. Mission terminée, il a recollé les morceaux, comme il le disait, mais ça fait en lui un grand vide... Bien sûr ! il y a la joie des deux dont il se nourrit, mais c'est peu; et Jacques se demande avec angoisse si dans la vie il ne va pas être de ceux qui arrangent les peines des autres, de ceux qui raccommodent, ressoudent, et qui doivent se nourrir des bonheurs des autres...

[encore quelques lignes, et FIN.]


Si ces Pages d'Amitié ont intéressé, on en mettra d'autres, il y en a tant d'admirables !...

lundi 16 juin 2008

Petites phrases du ouicaine

On y verra plus clair quand la nuit va commencer à tomber...

(Un journaliste de télé, à propos des 24 h du Mans)



Heureusement, l'Irlande est le seul pays dont la Constitution l'oblige [!!!] à soumettre tout traité au vote populaire...
18 pays ont, à ce jour, ratifié le traité de Lisbonne. Puisqu'il serait peu démocratique [re-!!!] que 3 millions d'électeurs irlandais décident pour 450 millions d'Européens, la seule issue à la crise est de poursuivre le processus de ratification, etc.
Un nouveau texte, avec des amendements mineurs, peut être soumis à un second vote en Irlande.

(Le Figaro des 14-15 juin 2008, éditorial d'un sieur Pierre Rousselin, eurolâtre forcené)

Ce même Figaro récidivera quelques jours plus tard, sous la plume (entre autres...) d'un Dominique Reynié, politologue, qui écrit, indigné : Si l'on met fin au processus actuel, il faudra bien rédiger un nouveau texte !!
Ben oui, M'sieu, quand on loupe son Bac, ou un exam à la Fac, on vous fait pas repasser la même épreuve jusqu'à ce que vous ayez une bonne note : vous devez plancher sur un nouveau texte !!


Noter que la Constitution irlandaise, elle, mentionne dans son préambule la foi chrétienne comme source de force et d’espérance pour le peuple irlandais :

Au nom de la Très Sainte Trinité, de laquelle découle toute autorité et à laquelle toutes les actions des hommes et de l'Etat doivent se conformer en vue de notre fin, Nous, le peuple d’Irlande, reconnaissant humblement toutes nos obligations envers notre Seigneur Jésus-Christ, qui soutint nos pères tout au long des siècles, et se rappelant avec gratitude leur lutte héroïque…"